Une résiliation pour fausse déclaration ferme beaucoup de portes. Elle n’empêche pas de se réassurer. Ce contrat l’accepte comme une résiliation pour un autre motif, aux côtés des résiliations pour non-paiement ou pour sinistres, dans la limite des 36 derniers mois. Le devis en ligne demande la date et la nature de la résiliation, sans entrer dans un jugement sur les circonstances.
Deux notions à distinguer
Le Code des assurances distingue deux situations souvent confondues. La déclaration inexacte non intentionnelle, par exemple un chiffre arrondi ou une information mal comprise, entraîne une réduction proportionnelle de l’indemnité en cas de sinistre, selon l’article L113-9. L’assureur verse alors une indemnité réduite, dans la proportion entre la cotisation payée et celle qui aurait dû être payée.
La fausse déclaration intentionnelle, elle, entraîne la nullité du contrat, selon l’article L113-8. Dans ce cas, l’assureur considère que l’omission ou l’inexactitude a modifié son appréciation du risque de façon délibérée. C’est cette seconde situation qui conduit le plus souvent à une résiliation pour fausse déclaration mentionnée sur le relevé d’information. La différence entre les deux tient à l’intention, appréciée par l’assureur au regard des faits.
Ce qui motive le plus souvent ce type de résiliation
Trois situations reviennent régulièrement. Le conducteur principal non déclaré : un enfant ou un proche conduit le véhicule plus souvent que ce qui avait été indiqué à la souscription. Le sinistre ou le malus oublié : un accident antérieur ou un coefficient de réduction-majoration mal reporté, découvert ensuite par l’assureur. L’usage ou le lieu de stationnement inexact : un usage professionnel déclaré comme privé, ou une commune de garage différente de la réalité.
Dans ces trois cas, l’assureur a estimé que l’information donnée à la souscription ne correspondait pas à la réalité du risque couvert. Cela a justifié, selon les cas, une résiliation ou une annulation du contrat. Une résiliation pour sinistres répond à une autre logique, liée à la fréquence des sinistres plutôt qu’à l’exactitude des déclarations, mais les deux motifs peuvent coexister sur un même dossier.
Ce qu’il faut déclarer avec exactitude cette fois
Le nouveau devis repose sur les informations que vous donnez aujourd’hui. Chaque point mérite une attention particulière : qui conduit réellement le véhicule, et à quelle fréquence ; le nombre exact de sinistres des 36 derniers mois, avec leur date et votre part de responsabilité ; le coefficient bonus-malus réel, tel qu’il figure sur votre relevé d’information ; l’usage effectif du véhicule, trajets domicile-travail compris ; la commune où le véhicule est habituellement garé.
Aucune de ces informations n’est jugée en elle-même. Un malus élevé, plusieurs sinistres ou une résiliation passée n’excluent pas automatiquement une nouvelle couverture. C’est l’écart entre la déclaration et la réalité qui pose problème, pas la réalité elle-même.
Le relevé d’information de votre ancien assureur joue un rôle central. Il mentionne le coefficient bonus-malus, l’historique des sinistres et le motif de résiliation. L’ancien assureur dispose de 15 jours pour le remettre, et la souscription reste possible sans l’attendre.
Une fois le contrat signé et les justificatifs transmis, ce relevé est vérifié avant la prise d’effet. S’il révèle un écart avec ce que vous aviez déclaré, deux issues sont possibles. Si l’écart résulte d’un oubli involontaire, la situation se corrige : le contrat est ajusté en conséquence. Si l’écart révèle une déclaration délibérément inexacte, le contrat peut être annulé, conformément à l’article L113-8. C’est pourquoi il est préférable de déclarer d’emblée ce qui figure sur ce document, plutôt que de laisser la vérification le révéler après coup.
Une situation concrète, pas à pas
Prenons le cas d’un conducteur dont le contrat a été annulé parce qu’un sinistre responsable, survenu deux ans plus tôt chez un précédent assureur, n’avait pas été mentionné à la souscription suivante. Premier réflexe : demander le relevé d’information à l’assureur qui a résilié, en précisant que le document doit couvrir les 36 derniers mois. Deuxième étape : renseigner le nouveau devis en reportant ce sinistre exactement, avec sa date et la part de responsabilité indiquée sur le relevé. Troisième étape : vérifier que le coefficient bonus-malus saisi correspond bien à celui du relevé, et non à un chiffre approximatif retenu de mémoire.
Le tarif mensuel s’affiche alors en tenant compte de ce sinistre. Il peut être plus élevé qu’un devis établi sans cet antécédent, mais il correspond à un dossier vérifiable. La signature électronique et le premier paiement interviennent ensuite, puis les justificatifs sont transmis depuis le téléphone, relevé d’information compris. L’attestation est disponible dans l’espace client une fois ces étapes terminées.
Une erreur fréquente à éviter
L’erreur la plus courante consiste à redéclarer un dossier “nettoyé”, en omettant à nouveau l’élément qui a motivé la précédente résiliation, dans l’espoir d’obtenir un tarif plus bas. Cette approche expose au même risque : si le relevé d’information révèle l’écart lors de la vérification, le nouveau contrat peut lui-même être annulé pour fausse déclaration.
Une autre erreur consiste à attendre la réception complète du relevé avant de commencer les démarches, alors que la souscription est possible sans l’attendre. Le document est simplement transmis dès sa réception, pour vérification avant la prise d’effet du contrat. Mieux vaut avancer avec les informations disponibles, quitte à les compléter ensuite, que de retarder la couverture du véhicule.
Les conditions à remplir par ailleurs
En dehors du motif de résiliation, les conditions habituelles s’appliquent. Il faut avoir au moins 19 ans et un an de permis, obtenu dans l’Union européenne. Il faut aussi justifier d’au moins 9 mois d’assurance auto consécutifs à son nom sur les 36 derniers mois. Vous pouvez vérifier en détail qui peut souscrire ce contrat avant de commencer un devis.
La résidence et l’immatriculation du véhicule doivent se situer en France métropolitaine. L’usage doit rester privé, domicile-travail ou professionnel, hors activités de transport de personnes ou de marchandises. Si ces conditions sont réunies, le motif de fausse déclaration ne ferme pas la porte à une nouvelle couverture annuelle, avec paiement mensuel et sans frais de dossier.
Pour préparer votre dossier dans les règles, la liste des documents nécessaires et le détail du relevé d’information permettent de rassembler les bons justificatifs avant de démarrer le devis. Un article du blog explique aussi plus largement ce qu’il faut faire après une résiliation pour non-paiement, utile si plusieurs motifs se cumulent sur votre dossier.